Avec l'essor d'Internet comme outil de travail, les professionnels qui ont su capitaliser l'esthétique se sont multipliés - dans son sens le plus superficiel. La séduction est devenue l’art du moment, privilégiant le soin des détails dans son spectre le plus plastique et donnant lieu à des récits éminemment visuels. Tout se résume à parler à une caméra et à tromper le spectateur, à s’habiller avec style, à devenir une référence en matière de voyages, d’art ou de gastronomie, etc.

 

Ce projet étudie donc les possibilités esthétiques et politiques que ces nouvelles professions impliquent, prenant comme référence les méthodes de diffusion utilisées par les blogueurs et essayant de subvertir le média pour offrir une perspective plus critique. Dans cette oeuvre, l'artiste incarne le corps d'une supposée influenceuse qui, dans des situations ordinaires, met en évidence la réalité du travail précaire auquel elle est confrontée, en partie à cause de l'expansion du travail en ligne (Terranova, 2001).

 

L'influenceuse apparaît comme une exploratrice du territoire, un corps qui interagit constamment avec l’autre, et qui, au travers d’une supposée image homogène arrive à découvrir sa réalité intime. Dans cette exploration du terrain, le personnage fait aussi allusion à la transformation d'un système industriel en un système d'industries culturelles, ce qui se voit clairement dans la ville de Bilbao: des luttes ouvrières des années 80 à la ville de la culture et des musées.

 

L'une des pièces les plus représentatives est la vidéo, qui montre l'aventure de la blogueuse dans ce contexte. Cependant, la pièce la plus originale de l’ensemble qui donne forme au projet est un bleu de travail en tissu irisé. Les mesures, ainsi que la forme de cette bleu de travail, ont été copiées à partir des originaux que portaient les employés des chantiers navals dans les années ’80 et qui étaient les protagonistes de l'une des luttes de travailleurs les plus violentes contre le démantèlement de l'industrie du pays. Bien que les ouvriers des chantiers navals se soient battus contre la fermeture de l’usine et pour leurs droits, ils ont été expulsés de cette zone pour des raisons spéculatives. De nos jours, cet espace est destiné aux loisirs «culturels» qui abritent le Guggenheim et d’autres centres commerciaux.

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Sur scène

Bilbaoarte

2018


Blogger Affair

Vidéo installation

2019